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Mar 20 Oct - 1:45
Amos Eldritch

Diggory

Prénoms : Amos, nom tiré du grec, dont ses parents apprécient simplement la mélodie. Suivi d'Eldritch, en l'honneur de son ancêtre ayant été ce Ministre de la Magie désirant notamment changer les conditions des détenus à Azkaban, mais ayant contracté la maladie fatale de la dragoncelle avant d'avoir pu mener à bien son combat. Nom de famille : Diggory, un nom dont il n'a jamais éprouvé la moindre honte d'arborer. Il affectionne tout particulièrement les membres de sa famille, et aspire à perpétuer leur réputation avec sa génération, malgré l'ère dans laquelle nous nous situons. Il s'inspire de ses aïeuls, les estime, et désire leur faire écho.   Statut du sang : Un sang pur coule dans ses veines, bien qu'il n'y ait jamais tiré quelconque prestige, ni désarroi.   Origine géographique : Originaire de York, il est anglais, comme la plupart des membres de sa famille. Âge et date de naissance : Né en début d'année, il est âgé de vingt-huit ans, approchant promptement ses vingt-neuf ans. Orientation sexuelle : Hétérosexuelle, il est d'ailleurs fou amoureux de son épouse. Particularité : Amos est occlumens.   Métier : Dès sa sortie du collège de sorcellerie Poudlard, il a été employé au ministère, comme il le souhaitait. Il y a progressivement gravi les échelons, pour que la Grande Révolte mette un terme complet à sa carrière. Désormais, il est déclaré comme décédé, tandis qu'il joue au fantôme, dissimulé par une de ses rares amies.   Miroir de Rised : Entouré de sa famille, il évolue du décès de Jedusor et jouit d'un monde sorcier équitable comme prospère. Epouvantard : Il se voit cloué dans la partie des accusés, au tribunal magique, les chefs d'accusation aussi terribles les uns que les autres l'assaillant, l'affligeant lourdement, tous le condamnant sévèrement, catégoriquement.   Patronus : Son patronus prend la forme d'un castor. Composition de la baguette : Sa baguette, relativement rigide, est taillée dans du bois d'ajonc, contient une plume de phénix et mesure vingt-quatre centimètres et demi. Tendance : Pro-ordre   Animal de compagnie : Aucun, bien trop occupé à survivre lui-même. Featuring : Penn Badgley Crédits : écrire ici


You are unique

Caractère Je ne suis pas quelqu'un de facile. Je ne suis pas quelqu'un à qui on se lie rapidement d'amitié, à qui l'on souhaite même se lier d'amitié. Je suis un homme régit par un sens de l'honneur sans faille, dont la droiture atteint des extrêmes. Sévère, juste, stricte, ferme, mes opinions apparaissent clairement et sont religieusement sans appel. Mes actions sont prévisibles, car je ne suis en aucun cas faux et prête bien trop d'importance à la franchise pour être capable de la dérouter. Néanmoins, mon côté stratégique, créatif et ingénieux font que je peux aisément me trouver à la tête d'actions imprévisibles. Courageux et généreux, je ne recule devant rien et lutte sans merci pour ce en quoi je crois, pour mes notions de justice. Je suis déterminé à mener à bien mes projets, à bâtir un monde bon pour chacun. Pratique, réaliste, indépendant, j'ai réellement besoin de personne lorsqu'on y pense et agit généralement de manière esseulé et réfléchi, bien que je n'hésite pas à aller requêter l'aide d'individus soigneusement choisis par mes soins. Cultivé, bourreau de travail, avide de connaissances, j'ai l'âme pur d'un Serdaigle, et mes aptitudes sont toujours à développer, à user. Rancunier et susceptible, je n'offre jamais de deuxième chance. Protecteur et attentif, il y a malgré tout un cœur sous cette carapace extrémiste et frigide par le devoir et l'honneur, qui serait capable de tout pour ses proches.



This is a new world

Le commencement des districts Je me console en me répétant qu'une phase totalement divergente du tracé de mon destin a débuté à l'aube de la Grande Révolte. Grièvement blessé, laissé aux dépens de nulle autre que la Faucheuse, c'est condamné aux royaumes des défunts que je fus proclamé tandis que le régime des districts s'instaurait. Sous la protection d'une amie de longue date, je me suis retrouvé dissimulé aux yeux des autorités sanguinaires, déraciné de ma famille et du monde en débris que je connaissais. Durant trois ans, j'ai dû survivre à mes blessures et récupérer laborieusement assez de force pour être apte à produire le moindre petit acte physique insignifiant, alors que mon mental tournait à plein régime. Une phase, un terme auquel je tiens particulièrement, car il détient ce côté éphémère qui m'empêche de ne pas perdre la tête. Je vis sous le radar, mes proches optimistes me pensent disparu, les autres se font à l'arrête de mort signé par le district 5. Seule Alexis détient mon secret comme, d'un certain point de vue, mon existence. Je lui dois tout. Toutefois vient à grand pas le jour où je serais enfin capable de vivre par mes propres moyens, le matin béni où je pourrais enfin retrouver ma femme, mon fils et le reste de ma famille.    


Behind the mask

Pseudo Addie Ton âge 24 ans Comment as-tu connu The Blood Games ?   As-tu un double compte ? Nox Yaxley ! Ton personnage est : Un ancien scénario. Une remarque ? ♥️



Dernière édition par Amos E. Diggory le Mar 20 Oct - 2:22, édité 3 fois
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Re: amos ϟ be strong. live honorably and with dignity.   
Mar 20 Oct - 1:54

L'Histoire

sans fin


And may the odds be ever on your favor



Histoire

“Boogie down like a unicorn
No stoppin' till the break of dawn
Put your hands up in the air
Like an ogre, who just don't care”


La petite voix fluette ornait le salon des Diggory, et l’enfant coloriait, concentré, son dessin. Le bout de sa langue dépassait ses lippes lorsqu’il se stoppait dans sa chanson, afin de s’appliquer davantage sur son ouvrage. Un sourire attendri étirait les traits de sa mère qui préparait comme à l’accoutumée le dîner. Elle avait toujours pensé qu’elle et son mari avaient été comblés de la présence d’Amos. Qu’ils étaient chanceux. Son fils invoquait sans cesse cette vague de fierté et d’amour pur, et bien qu’elle se doutait que si leur unique enfant n’avait pas la personnalité dont il jouissait elle l’aimerait tout autant, elle ne pouvait s’empêcher de s’étonner à quel point il était simplement le fils que tous les parents adoraient avoir à supporter à la maison vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Ses amies le lui rappelaient sans arrêt, à quel point il était « facile à gérer » tandis que leurs progénitures les faisaient constamment damner. Un enfant « parfait », « facile », « sage ».  Amos n’était pas un saint, il avait commis plusieurs impairs, elle avait dû gérer nombreuses crises de sa part, mais il avait également cet ordre en lui. Il savait pertinemment ce qu’on attendait de lui, et ce qu’il n’avait le droit de faire. Il allait parfaitement dans le courant de ce monde, vers la réussite. Il était ce petit bonhomme impeccablement réglé aux règles de bienséances, celui qui se vouait à un avenir brillant, et qui se sentait simplement comblé dans cette voie.

Le garçonnet se redresse, observe d’un œil critique son coloriage. Un soupire qui amuse sa génitrice. S’il y avait bien quelqu’un contre qui Amos était sans pitié, c’était lui-même. Elle l’avait vu recommencer des activités entièrement, déchirer des exercices dans une frustration sévère, pour une simple faute, pour un défaut de parcours. Carré, stricte, clair, net, précis, Amos voulait les choses bien et honnêtement faites du début à la fin. Cette dureté, cette caractéristique, lui était réellement propre. Elle ne pouvait songer à quelqu’un de leur famille duquel son fils aurait hérité ce trait. Mais tout le reste, Amos s’avérait être un délicat mélange d’elle et de son époux. Le fruit de leur amour. Le fruit de leurs différences. Il avait autant d’elle que de lui, et assez de cette toute nouvelle personne qu’ils avaient créée à deux.

ϟϟϟ

« Amos, mon chéri, tu veux venir voir ton petit frère ? » La question constituait une réelle contradiction avec les faits. Amos n’avait su quitter du regard le bébé emmitouflé dans sa couverture blanchâtre. Il lui faisait insatiablement pensé à un cocon, son bonnet enfoncé sur son crâne, seuls ses yeux et le bout de son nez faisant du petit paquet un être humain. Drôlement, le garçonnet s’attendait presque à voir cet étrange petit frère se transformer en papillon ou autre créature ailée. Mais il y avait aussi la réalité des faits. Bien sûr, l’arrivée de Oscar n’était pas une surprise. Les esprits avaient accueilli la nouvelle, la maison s’était adaptée à l’arrivée du nouveau Diggory. Amos avait apporté sa petite contribution à la réalisation de sa chambre, il pensait même avoir fait pencher la balance pour le nom de son cadet. Néanmoins, tout ceci semblait si abstrait, si fantasque, jusqu’à ce que l’être soit véritablement là. Il osait à peine s’en approcher, de peur de mal faire, de peur de découvrir quelque chose de bizarre. Finalement, c’est une légère poussée de la part de son père qui l’incita à parcourir la salle pour se rapprocher de sa mère. Sous ses mèches bouclées d’ébène, ses yeux noisette se posèrent sur le nouveau-né. Puis, un sourire amusé apparut. Bien qu’il se retienne de l’énoncer, avec sa peau fripé et sa couleur tantôt blanchâtre, tantôt rosée, Oscar lui faisait presque penser à un bébé troll. « Est-ce que je peux le toucher ? » Amos croisa le regard approbateur de sa mère puis se pencha légèrement, déposant un baiser sur le bonnet de son nouveau petit frère, en guise de bienvenue dans la famille.

ϟϟϟ

« Amos, arrête de te ronger les ongles ! » J’éloignais mes doigts de mes dents, marmonnant une excuse. Le geste était devenu instinctif, si bien que je me rendais plus compte que je l’effectuais. J’avais disposé devant moi mes manuels scolaires, et une fourbe appréhension s’initiait dans mon être. J’amenais à nouveau mes ongles à ma bouche. La semaine dernière, j’avais reçu ma lettre d’admission au collège de sorcellerie Poudlard. Une nouvelle sans surprise, étant donné que j’avais manifesté mes pouvoirs plusieurs années plus tôt, et que mes deux parents avaient suivi leur scolarité dans ce même institut. Ce qui m’inquiétait le plus, c’était faire face à l’établissement en lui-même, sans mes parents derrière. J’allais devoir suivre nombreuses matières, j’aurais des devoirs pour les cours suivants, il y aura un entier règlement à suivre. Et rien ne m’avait réellement préparé à prospérer dans cette voie. Je n’avais pas été à l’école moldue ici, mes parents s’étaient occupés de mon éducation, ou plutôt, de ma culture. J’étais de nature extrêmement intéressé, donc forcément, je savais énormément du monde en lui-même, autant moldu que sorcier. J’avais autant de compétence en arithmétique, lecture, écriture, ou autre que n’importe quel garçon de onze ans. Et ayant vécu dans un foyer sorcier, j’avais quelques connaissances en potions, botaniques, histoire de la magie. Sans compter les groupes de musiques, équipes de Quidditch, politiciens. Mais tout de même, Poudlard constituait un sacré défi à relever. Je sentais les mains de ma mère passer dans mes cheveux, et m’entendais articuler « Et si je suis mauvais ? » Les mouvements de ma génitrice se stoppèrent, et elle s’installa sur la chaise à ma droite, le regard attendri. « Amos, le seul fait que tu me poses cette question démontre que tu ne seras en aucun cas, mauvais. » Elle m’offrit un sourire rassurant, tandis que je persistais à l’observer, sceptique. « Il n’y a aucune raison pour que ça se passe mal. Tu es autonome, intelligent, tu travailles dur. Ce sera exactement pareil qu’à la maison, sauf que cette fois-ci, tu auras plein de petits camarades sorciers avec toi. Et n’oublie pas qu’on se verra à Noël. » Je l’observais se relever, effectuer quelques pas vers moi. « Et même s’il t’arrive de parfois faire des erreurs, ce n’est pas la fin du monde. On n’attend pas de toi la perfection, tu le sais très bien. Tout ce qu’on demande, c’est que tu fasses de ton mieux. Et si quelque chose ne se passe vraiment pas bien, il n’y qu’un hibou qui nous sépare. » Je forçais un léger sourire sur mes lèvres. « Tu veux que je t’aide à faire ta valise ? » J’acquiesçais, regroupais tous mes livres et me dirigeais vers ma chambre, évitant un Oscar instable sur ses deux jambes qui gazouillait joyeusement.

ϟϟϟ

« Oh, Monsieur Diggory, installez-vous ! » « Bonjour, professeur. » prononçais-je respectueusement, tandis que je prenais place au siège qu’il me démontrait du doigt. Je posais mes yeux sombres sur le professeur de sortilèges et enchantements, qui se trouvait également être le responsable des Serdaigle, la maison à laquelle j’avais été réparti lors de ma rentrée de première année. Un petit gloussement enthousiaste saisit le mage, tandis qu’il s’exclamait : « J’ai bien peur de devoir me répéter une autre fois, Diggory ! Votre relevé de notes est sensiblement identique à celui de l’année précédente, si ce n’est une légère hausse dans plusieurs matières, ce qui est en soit remarquable car les élèves ont tendance à chuter au fil des années. » Un petit rire, les doigts du professeur effleuraient le parchemin résumant mes trois dernières années scolaires à Poudlard. A chaque fin d’année scolaire, Flitwick mettait un point d’honneur à rencontrer individuellement les élèves de sa maison, afin de faire le point, et de leur faire signer la notice les proscrivant à faire usage de la magie hors du château. « Vous plaisez-vous à Serdaigle, Diggory ? » Une ombre passait sur son visage, tandis que je répondais de cette voix sûre et sincère : « Oui Monsieur. J’ai mon petit groupe d’amis, depuis ma première année. » Je posais mes yeux sur le parchemin, alors que d’une voix distraite, mon interlocuteur paraissait réfléchir à voix haute : « Oui, vous êtes souvent avec Sunderland dans mes travaux de groupe. » J’acquiesçais. Il était vrai que je n’étais pas le garçon le plus populaire au sein de ma maison, que je n’éprouvais pas nécessairement le besoin d’avoir énormément d’amis et faire la fête tous les soirs, pour cela, je paraissais réservé aux yeux des autres. En réalité, j’étais studieux, méticuleux, je semblais personnifier les valeurs mêmes de ma maison. Et mon petit cercle d’amis restreint me comblait. Je préférais compter mes amis proches sur les doigts d’une main, et réellement les connaître, plutôt que d’être entouré d’individus dont ma connaissance était superficielle. Et puis, je n’avais rien d’hostile ni de timide. Je n’altérais pas qui j’étais à quiconque, et en aucun cas avais fait part de mauvaise foi ou de mauvais fond envers qui que ce soit. J’étais un excellent camarade de classe, mais un ami rare. Il était vrai que certains pouvaient me cataloguer de froid, mais sincèrement, cela ne me chagrinait pas plus que cela. « Bien Monsieur Diggory, je pense que tout est en ordre. Si vous voulez bien me signer votre accord pour cet été. Et qui sait, peut-être dans deux ans vous retrouverais-je en tant que préfet de ma maison ? Cela ne m’étonnerait guère, vu votre curriculum ! Vos parents doivent être très fiers de vous. Mais pour cela, il faut continuer dans cette voie ! » Je souris sincèrement, marquant le parchemin de ma griffe, tout en promettant : « Oui, professeur. Merci. »

ϟϟϟ

L’enveloppe trônait sur le bureau de ma chambre, quelques parchemins l’accompagnant. La liste des fournitures scolaires pour l’année à venir, quelques changements dans le règlement, des informations sur les ASPICs à venir et nombreuses autres paperasses que je m’étais promis de prendre connaissance plus tard. En  ce moment-même, j’étais bien trop occupé à épingler sur la petite chemise d'Oscar le badge qui avait alourdi considérablement la missive. L’insigne de préfet-en-chef luisait, et honnêtement, dès que je l’avais découvert, j’avais eu envie de le partager avec mon cadet, comme j’avais aussi épinglé celui de Préfet deux ans plus tôt. « Bientôt, ce sera ton tour Charlie. Tu iras à Poudlard et - » « Je ressemble à un sheriff ! » s’exclama le garçonnet, ne m’écoutant visiblement que très peu. Il leva ses yeux grisés sur moi, interrogeant, surexcité : « Est-ce que tu vas être un sheriff, Amos ? Est-ce que tu vas arrêter les méchants élèves et les punir ? Est-ce que tu vas faire des courses poursuites entre les trolls, les araignées géantes, les scroutts à pétard ?! » Je ris doucement, alors qu'Oscar brandissait ses doigts tels des pistolets d’un film western. « Oui, mais il faut surtout être juste. C’est ça, la clef. » Il m’offrait presque un regard déçu, se retenant de me traiter une nouvelle fois de rabat-joie. « Tu veux aller le montrer à maman ? » offrais-je. A peine eus je le temps de dire « ouf » que mon cadet se précipitait vers la cuisine promptement, avant de revenir et de me demander, des yeux de chien battu soutenant sa requête : « Est-ce que je peux le garder ? S’il-te-plaît !  » « Pour l’instant. Mais quand je repartirai à Poudlard, j’en aurais besoin. » « Super ! »

Je soupirais, et m’installais à mon bureau. J’affectionnais tout particulièrement le benjamin des Diggory. A sa naissance, mes parents avaient craint qu’une sorte de jalousie naisse entre nous, mais pas l’ombre de mauvais sentiments n’avait su m’effleurer bien longtemps. J’étais fier de Charlie, je l’aimais énormément. Sans doute la différence d’âge aidait : nous n’avions jamais réellement de quoi partager, à part nos parents. Néanmoins, nos personnalités étant plus que divergentes, les conflits éclataient souvent entre nous. Mon frère ne se retenait pas de me caractériser de « rabat-joie », parfois même j’avais eu le droit à un « dictateur » ou un « tyran » bien placé. Oscar était aussi impulsif que moi, mais il était également doté de cette spontanéité, cette émotivité. Je faisais tout pour lui assurer un avenir merveilleux, sans embûches, sans problèmes. Un futur brillant. Mais Oscar ne pensait qu’au Quidditch et aux aventures fantasques, ce qui ne lui promettait que peu de choses, à mes yeux. Et nous ne partagions pas cette même droiture, cette même envie de bien faire, de suivre les règles. Il aimait les bagarres et les câlins. J’aimais les livres et on me disait froid à Poudlard. Et pourtant, il pouvait m’insulter et me repousser autant qu’il voulait, il n’en retirait jamais mon désir de lui faire partager tous mes grands moments. Je désirais toujours avoir Charlie aux premières loges de ma vie, même s’il avait souvent du mal à comprendre à quel point ces moments représentaient énormément pour moi. Quand mon insigne de préfet-en-chef dénotait des années de labeur, un honneur sans fin, une fierté réelle et aussi un devoir intense à venir, Charlie n’y voyait que le pouvoir et les courses poursuites dans les couloirs. Mais peu m’importait, de toute façon, je serais toujours son grand frère. Celui qui veille constamment sur lui, et qui ne veut rien d’autre que le meilleur pour lui. Celui qui le consolera quand nos parents l’auront une nouvelle fois grondé. Celui qui l’avait bercé quand il était plus petit pour l’aider à s’endormir. Celui qui l’écoutait toujours, bien que lui ne me prêtait que rarement attention.

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« Je suis désolé, mais c’est les mêmes règles pour tout le monde. Ce n’est pas parce que vous êtes des Serdaigle que je vous offrirai un traitement spécial. Vous enfreignez le règlement, vous êtes punis. » Ma voix était catégorique, sévère. Alors que le petit groupe de troisième année s’était montré indigné quelques secondes plus tôt, mon discours tout comme le ton que j’avais employé les avaient rendus désormais embarrassés, ainsi que sommaient le silence rapidement. Ils osaient à peine m’observer, la culpabilité les étreignant. Bien sûr, certains préfets fermaient les yeux sur des agissements contraires au règlement lorsqu’il s’agissait d’élèves de leur maison, mais ce n’était pas mon cas. J’estimais que toutes les règles s’appliquaient à tous les sorciers et je ne valorisais pas un élève vis-à-vis d’un autre. J’étais peut-être dur, mais j’étais motivé par la conviction de faire ce qu’il fallait faire, et cela me suffisait. Je me fichais bien qu'on déclame dans mon dos en couardise, que j'avais un balai mal placé, que je n'étais pas commode et autres propos parfois peu polis. Je ne cherchais pas nécessairement l'affection de tous ou la popularité. En réalité, à mes yeux, il n’y avait rien de plus sûr que la justice et la droiture.

Une fois ma ronde achevée, je m’orientais vers la Salle commune des Serdaigle. Comme à l’accoutumée, une énigme survint, à laquelle je répondis, amusé. Le passage apparut, je pénétrais silencieusement le domaine des Aiglons. Je balayais la large pièce du regard. Quelques braises survivaient non sans peine dans le foyer, quelques chandelles demeuraient allumées. Je passais devant une élève endormie, et m’installais à ses côtés. Délicatement, je posais ma main sur son épaule, murmurant doucement son nom. J’observais la septième année s’extirper longuement des bras de Morphée, avant de m’offrir un regard désorienté, auquel je souris. « Tu t’es encore endormie. » commentais-je simplement, bien que les faits fussent évidents. « Je voulais finir le devoir de métamorphose. » Je posais les yeux sur le parchemin tâché, et devinais aisément le désarroi qui hantait mon amie depuis bien des années. En particulier depuis que sa sœur cadette était entrée à Poudlard. Une rivalité certaine s’était initiée entre les deux élèves, bien qu’aucun combat à proprement parler n’ait pris place. Il s’agissait uniquement de l’aînée, qui travaillait d’arrache-pied pour être une étudiante modèle, devenir une jeune femme aimée, mais qui n’égalait jamais le potentiel et la brillance de sa cadette. « Tu le finiras demain. » prononçais-je d’un ton amical, bien que n’autorisant que peu de réponse. Je rangeais les affaires de celle que je considérais telle ma meilleure amie depuis mon entrée au collège de sorcellerie. Hannah composait l’un des rares individus desquels je m’étais lié d’amitié dès ma première année, et que je n’avais jamais réellement quitté depuis. Nous avions grandi ensemble, travaillé ensemble, évolué ensemble. Je l’avais invitée à de nombreuses reprises chez moi lors des vacances estivales, et elle avait su faire de même. Alors que nous nous métamorphosions progressivement en les sorciers que nous devions être, un certain mal-être s’accentuait néanmoins chez mon amie. Un monstre que je tentais tant de faire disparaître, mais qui demeurait vorace, tenace, nocif.

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« Tu ne m’aimes pas. » Ses yeux verts me perçaient, directs, larmoyants. Je la dévisageais, choqué de ses derniers agissements, horrifié du poids des événements, du subtile que je n’avais jamais su entrevoir. Je n’étais pas un homme à sentiments, je n’étais pas quelqu’un qui s’avérait extrêmement doué en devinant ce que ressentaient les autres. J’excellais dans le concret, dans le clair, précis, net, la logique, les faits. Mais les lois du cœur, jamais je n’avais su les maîtriser. « Réponds-moi, Amos ! Réponds-moi ! » Elle m’implorait. Son visage inondé de larmes, j’entrouvrais les lèvres, pour avouer dans un souffle : « Pas comme ça. » « Alors comment ?! » Sa voix se brisait dans le cri. Un sanglot la secouait. Mes traits se tiraient dans une expression de peine, mais aussi de désespoir. Je tentais de m’approcher d’elle, mais elle me repoussait sans merci. « Hannah. » prononçais-je, impuissant. Je l’observais se décontenancer devant moi, puis tourner presque en rond, ignorant que faire, où aller. « Toi aussi, tu préfères Callie. » Je fronçais les sourcils, cette fois-ci incrédule. Je m’entendais m’exclamer : « Quoi ?! Mais non, mais non. Je ne lui parle même pas, Han’ ! » Je poursuivais la jeune femme dans les couloirs, et nous finissions dans une salle de classe vide. Son chagrin se répercutait sur les murs de la pièce, récalcitrant. Je refermais doucement la porte derrière moi, hésitant. Je me sentais désarmé, complètement inapte à gérer ce cas particulier. Je m’avançais lentement, puis me laissais glisser le long du mur contre lequel était appuyée ma meilleure amie. Je conservais le silence pendant plusieurs minutes, attendant patiemment que sa respiration se calme, que l’orage se tempère. Les phrases se formaient dans mon esprit, des conjectures de comment régler le problème, des remèdes à ces maux. Mais en réalité, jamais je ne m’étais senti aussi incompétent. Je me retournais, observant le profil de Hannah. « Je ne veux pas te faire de mal, mais je serais malhonnête, si je te laissais faire. » Elle renifle, passe une main sur ses joues rosies. « Je n’arrêtais pas de penser à l’année prochaine. Quand nous serions tous les deux diplômés. Toi, tu iras au Ministère, comme tu l’as toujours souhaité. Tu vas exceller dans tes examens, tu vas faire valoir la justice comme personne. Parce que tu es fait pour ça. Tout le monde sait que c’est ta voie. Tu l’as trouvée, tu as travaillé pour. C’est ta vocation, et tu seras tellement bon. » Je hochais doucement la tête, assurant : « Toi aussi. Toi aussi tu trouveras ta voie, toi aussi tu auras de bons résultats. Toi aussi, tu réussiras. » Elle sourit tristement. « Peu importe ce que je fasse, Amos. Je suis l’ombre de ma sœur. Elle est celle qui a tout : l’intelligence, la beauté, l’esprit, le cœur. Je pensais que… Tu te rappelles, comment nos parents nous charriaient quand nous étions encore en première année, comme quoi nous étions toujours fourrés ensemble, comme quoi nous allions finir ensemble, nous marier… » Un fin sourire étira mes lèvres, alors que je réfutais : « Ils nous taquinaient. Tu sais bien que je t’aime, mais pas comme ça. Tu es mon amie, ma meilleure amie. Mais je ne vais pas t’épouser. » Un silence s’abat dans la salle. Je me rends compte qu’après coup de la dureté de mes propos, et tente de me rattraper : « Mais ça ne veut pas dire qu’on ne va plus se voir. On ne sera plus au château, mais je ne compte pas te perdre dans ma vie, Han. Comment je vais bien pouvoir faire, sans toi pour me traiter de coincé, hein ?! » Elle sourit à nouveau, et je bouscule légèrement son épaule, comme pour lui remonter le moral, la secouer un peu, la faire reprendre ses esprits. Après de nouvelles minutes silencieuses, j’ajoute, sévère : « Ecoute-moi bien. » Elle pose ses yeux d’émeraude sur mon visage, presque craintive. « Toi, Hannah Sunderland, tu es travailleuse, fidèle, méticuleuse, curieuse, créative, artistique, déterminée, et surtout, dotée d’un cœur bien plus grand que le mien. Tu n’as rien à envier à ta sœur. Absolument rien. Et je suis désolé, mais si tes parents ne voient pas ce que je vois, moi, c’est qu’ils sont aveugles. »

Après cette journée, j’ai toujours ressenti ce sentiment acerbe d’avoir failli à Hannah. De n’avoir su dénicher les bons mots, user des bons gestes. Naïvement, je me demandais pertinemment comment Oscar aurait géré cette situation, ou bien ce que ma mère aurait déclaré pour alléger le cœur de mon amie. Je me sentais de pierre, impuissant, incapable. Et à mesure des journées, j’observais cet écart qui se creusait entre nous deux, comme si lorsqu’elle avait tenté de m’embrasser cette journée-là et que je l’avais repoussée, j’avais à tout jamais brisé quelque chose en elle, entre nous. Quelque chose que je ne savais consolider, réparer. Je m’étais convaincu que le mieux n’était de plus évoquer cette fatale journée, de la faire faner de silence dans nos mémoires. Mais sincèrement, j’ignorais prodigieusement quoi faire. Je regardais mon amie se murer dans sa solitude, porter cette tristesse telle un fardeau assassin, la voiler devant Autrui d’un sourire faible. Le sentiment de la perdre m’envahissait horriblement, tandis qu’elle ne me servait presque plus que banalités, tentait de me rassurer sans pouvoir jamais me convaincre. Et je redoutais attaquer le sujet enflammé de peur de lui faire encore plus mal, bien qu’elle sombrait déjà dans un profond mal-être.

Et je m’enfonçais à mon tour dans mes études. Me laissais voguer au gré du courant de l’année scolaire, des révisions, du stress des ASPICs qui détermineraient, presque souverains, notre avenir.

ϟϟϟ

Mon poing s’abattait solidement sur le bureau, à en faire vibrer les nombreux ustensiles. « Je ne vais certainement pas autoriser cette supercherie ! » Mon ton trônait, autoritaire, tranchant. « Cette créature est à l’origine du plus haut nombre de décès et d’accidents par année ! Mon rôle est de protéger les sorciers, non pas de mettre leur existence en danger ! » « Ils ne sont en aucun cas dangereux, Monsieur Diggory. Il faut simplement savoir les approcher. Voyez, si… » L’homme véhiculait dans mon bureau, arborant son accoutrement bizarre, des accessoires aussi étranges les uns que les autres pendant autour de son cou, à ses manches, à ses mollets même. Un cliquetis de bric à brac le suivait sans arrêt. Je ne le quittais pas du regard. J’avais promptement perdu patience avec le jeune homme, qui s’était infiltré, sans autorisation, dans mon bureau afin de protéger une créature sanguinaire. Ses arguments s’avéraient aussi décousus que ses vêtements, et contournaient impérialement toutes les règles auxquelles je répondais. Qui faisait de notre société, l’ordre qu’elle conservait. Qui m’irritait et faisait irrémédiablement sortir mon côté impulsif. J’observais quelques collègues pénétrer dans mon bureau, sans doute alertés par mes vociférations. Ils lancèrent un coup d’œil intrigué sur l’énergumène dénommé Xeonophilius Lovegood puis nous échangions un air entendu. L’intrus se fit rediriger vers un autre bureau, et je quittais le mien, ayant cruellement besoin d’un thé pour apaiser mes nerfs à vif.

J’aimais tout particulièrement mon poste, et avais travaillé avec acharnement pour l’obtenir. Dès ma sortie de Poudlard, j’avais su devenir un employé du Ministère, comme je l’avais toujours souhaité. Puis, progressivement, promptement, j’avais gravit les échelons. Désormais, j’occupais un rôle important au département de contrôle et de régulation des créatures magiques. Un domaine du monde magique qui me tenait à cœur, et pour lequel je militais bec et ongles. Il n’était pas rare que je m’emporte à mon travail, m’y consacrant entièrement. Y vivant quasiment. Je constituais cet employé de valeur, qui n’hésitait en aucun cas à se mettre en avant et foncer dans le tas pour faire valoir ses idées comme ses droits. Je défendais avec cœur mes idéaux, avais le sens du devoir comme de l’honneur. Je représentais fidèlement notre organisme. Je m’investissais totalement à nos causes. Et jamais, je ne faisais de compromis. Les choses se devaient d’être justes, précises, carrées et honorables.

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« Han ? Hannah ? » Je toquais à la porte une énième fois. Pas de réponse. Un soupire fila entre mes lèvres, j’effectuais quelques pas, revenais devant la porte de l’appartement où résidait depuis plusieurs mois ma meilleure amie. Je posais mon sac contre sa porte, portais ma main à ma bouche, rangeant, inquiet, un ongle. J’ignorais si je devais insister, ou disparaître. Pourtant, je lui avais fait une promesse, et stupidement, je ne parvenais réellement à me résoudre à ne pas l’honorer. Je finissais par toquer une dernière fois à la porte. « Hannah, s’il-te-plaît. » Je sursautais légèrement lorsqu’un taquet roula sur lui-même, mais ce fut la porte de l’appartement voisin qui s’ouvrit. Une jeune femme blonde m’apparut, l’air aussi intrigué qu’agacé. « Je crois qu’elle n’est pas là. » Je l’observais quelques minutes, presque abasourdi. Je me rendais compte à quel point je devais avoir l’air étrange de m’acharner sur cette porte depuis une dizaine de minutes. A quel point je devais même paraître alarmant pour sa voisine. J’entrouvrais les lèvres, prêt à articuler quelconques excuses ou explications. Néanmoins, la porte en face de moi grinça enfin sur ses gonds, la mine renfrognée d’Hannah glissant dans son ouverture. Je réprimais un soupir de soulagement. « Hannah, enfin. » Je souris doucement, puis me penchais pour attraper mon sac posé au sol. Mon amie me fixait, et j’interrogeais : « Je peux entrer ? » Sans dire mot, la jeune femme m’offrit droit de passage. Je fis un signe à sa voisine, et pénétrai l’appartement.

« Je t’ai réveillée ? » demandais-je, en constatant les rideaux fermés. Le silence engloba la salle, et je remarquais à quel point ma meilleure amie se laissait aller. A quel point l’environnement dans lequel elle vivait ne démontrait en aucun cas son énergie à faire quoi que ce soit. Des bouteilles vides, des boîtes de fast food, des vêtements jonchant le sol. J’attirais mon regard vers l’ancienne Serdaigle. Mes lèvres demeuraient en suspens, cherchant une nouvelle fois ces mots magiques, salvateurs, porteurs de bonheur. Finalement, j’annonçais simplement : « Je t’ai apporté un cadeau. » Devant son silence parfait, je précisais : « Pour ton anniversaire. » Elle parut l’espace de quelques instants surprise, jusqu’à ce qu’elle articule doucement : « Tu ne l’oublies vraiment jamais, Amos. »

ϟϟϟ

D’un air incertain, je m’entendais prononcer : « Maman, j’ai quelque chose à te dire. » Les yeux de ma mère se rivèrent sur moi, une vague d’anxiété les recouvrant. Mon regard s’attardait sur ses traits, les termes coincés dans ma gorge. Je me sentais presque ridicule, d’éprouver tant de difficultés à faire parvenir cette nouvelle. Elle n’augurait rien de mauvais, bien au contraire, pourtant, je la redoutais risible. Je la craignais regorgeant d’un pouvoir pouvant m’être toxique, un pouvoir qui me rendrait extrêmement embarrassé, qui pourrait me faire souffrir comme jamais je n’ai autorisé qui que ce soit à le faire, depuis cette rencontre. J’inspirais, et lâchais promptement : « J’ai une copine. » Je plissais les yeux, comme si je m’imaginais recevoir des éclats. Pourtant, c’est un soulagement qui saisit ma génitrice, suivi d’un froncement de sourcils. « D’accord, Amos. C’est bien, c’est très bien pour toi. Je suis contente pour toi. » Elle me considéra plusieurs minutes. J’avais l’impression d’être redevenu un gamin de cinq ans qui vient d’avouer un tort, alors que techniquement, il n’y avait rien de mal à entretenir une relation amoureuse. Quant à mère Diggory, elle me considérait comme si j’avais de la fièvre ou délirait. « Est-ce que tu veux qu’on la rencontre ? » Je réfléchis quelques instants, avant de consentir : « D’accord. » Je m’installais à une chaise de la tablée, évitant de remarquer le sourire presque narquois étirant les lippes de ma mère.

Une dizaine de minutes plus tard, les questions fusèrent néanmoins. Son nom, sa profession, depuis combien de temps nous étions ensemble. « Un an ?! Amos, ça fait un an que tu as une copine et tu nous le dis que maintenant ?! Pourquoi nous l’avoir caché si longtemps ? » « Je ne l’ai pas caché ! Je voulais juste être sûr que c’était sérieux. Que ça durerait. » Ma mère éclata d’un rire tonitruant, avant de commenter : « Allons, chéri, contentons-nous de nous réjouir qu’il nous l’ait dit avant son mariage. A moins que tu comptes te marier bientôt, mon cœur ? » Je soupirais, rétorquant froidement « Non. » J’entendais les rires étouffés de mes parents, tandis qu’un doute s’installait sournoisement en moi. Une chance que Oscar se trouvait encore à Poudlard.

Vingt-deux ans. J’étais âgé de vingt-deux ans, et Emma représentait ma première petite amie. Nous nous étions rencontrés un cinq octobre, lorsqu’elle avait commencé son stage au Ministère. Chaque jour, nous nous rencontrions. Les échanges étaient si faciles, si naturels. Promptement, je me rendais compte à quel point je chérissais mon temps passé avec elle, à quel point je l’affectionnais. Avec Emma, j’éprouvais ce sentiment d’être purement bien, d’embraser intégralement la personne que j’étais, et d’avoir en réponse un autre individu qui l’aimait en son tout. Elle m’a embrassé au bout d’un mois, lors d’une soirée du personnel. Nous avons terminé la soirée chez elle, dans son lit, bien que rien de plus physique que des baisers furent échangés. Je me rappelle encore du sentiment confus qui m’avait étreint le lendemain matin de cette soirée. Je craignais que ce n’était qu’un rêve, ou qu’une erreur due à l’alcool. Qu’Emma regretterait, qu’elle me servirait le redoutable discours qui réduirait à néant tous mes espoirs d’avoir une romance avec elle. Parce que oui, depuis que ses lèvres avaient effleuré les miennes, je ne rêvais plus qu’à elle. Tel un détenteur de tous les sentiments que j’avais pu nourrir à son égard, telle la pièce manquant d’un puzzle énorme formant le mot amour. Son baiser avait levé le voile sur son essentialité dans ma vie, sur le nouveau rythme sur lequel mon cœur battait depuis que je l’avais rencontrée.

D’autre part, je redoutais qu’il n’y ait plus possibilité de faire machine arrière. Que désormais que j’avais goûté à ses lèvres, nous nous devions d’évoluer dans cette relation, ou de la briser. Et la deuxième option n’était certainement pas celle que je désirais.

C’était surréel. Abstrait. Ardu à expliciter, élucider. Les sentiments, les sensations recouvraient mon être, mais mes connaissances semblaient bien peu aptes à les assimiler. J’étais incapable de lui avouer ce qu’elle me faisait ressentir, ce qu’elle représentait pour moi, car moi-même, ne trouvais aucun mot pour peindre cette union. Emma… Elle était la jeune femme qui parvenait à calmer l’homme sévère et autoritaire d’un simple geste. Elle était celle qui pouvait faire plancher sa droiture, lui offrant perspective. Celle qui l’escortait dans un tout nouvel univers. Elle était affectueuse, généreuse. Elle était parfaite, je la voulais mienne.

ϟϟϟ

La pluie m’englobait tout entier. Mes pieds se ruèrent sur les ruelles londoniennes. La symphonie des gouttes d’eau et de mes pas lourds résonnaient à mes oreilles. Mon souffle se voulait saccader, mon esprit n’était aucunement avec moi. Je m’enfonçais dans un établissement, m’enfermais dans des toilettes et après avoir vérifié que personne n’était présent, transplanais.

« Hannah. Hannah Sunderland. » Je dégoulinais d’eau de pluie. L’employée m’observait, sceptique, désapprobatrice. Elle m’annonçait un étage, une chambre. J’empruntais l’ascenseur, et tapotais frénétiquement du pied tandis que le trajet paraissait s’éterniser. Une petite sonnerie, je me faufilais entre les portes à peine ouvertes. Mes yeux passèrent d’un numéro à un autre, et je m’imposais finalement dans une chambre. Je reconnaissais d’emblée son corps emmitouflé des draps livides, aussi blêmes que son teint. Je me précipitais à son chevet, puis me stoppais derechef mi-chemin. Mon cœur martelait douloureusement ma poitrine, j’avais une allure de fou furieux. Je passais une main dans mes boucles noires, les rejetant en arrière. Je n’osais plus l’approcher. Je craignais le pire, la mort, la maladie, mon impuissance. Je… « Amos ? » Sa voix faible provoqua un rictus sur mes lèvres. Je m’approchais, tirais une chaise, puis saisissais sa main. Elle réprima un frisson. « Fais pas ça, Hannah. » sommais-je. Je portais sa main à mes lèvres, fermais doucement les yeux, et la rejetais sur le lit. Vivement, je sortais de la chambre, posais mes mains sur le bureau du secrétaire de l’étage, forçant son attention. « Je veux parler au responsable. » ordonnais-je, fortement, implacablement. « Monsieur, ceci n’est pas la procédure à suivre. » Mon poing s’abattit sur le bureau, le faisant vibrer férocement. « Je veux parler au responsable, et c’est mon droit. Votre procédure, c’est mes mornilles. Vous êtes payés par des gens comme moi, pour guérir des gens comme mon proche qui se trouve dans une de votre chambre. Alors, par Merlin, conduisez-moi à votre responsable ! » Les regards étaient fixés sur moi. L’employée de Sainte-Mangouste m’observait, des yeux ronds comme des soucoupes. Je ne la quittais pas du regard, prêt à exploser à nouveau. Prêt à faire valoir mes droits, à défendre Hannah, la sauver une bonne fois pour toutes. Cette mascarade avait assez duré. Mes poings serrés, mes épaules se décontractèrent uniquement lorsqu’une blouse blanche m’assura que les faits seraient pris au sérieux.

ϟϟϟ

Les chants de Noël emplissaient allègrement la rue sous mon appartement. D’une main directive, je resserrais ma cravate, enfonçais les pans de ma chemise dans mon pantalon. Je me retournais, bouclant ma ceinture, lorsque je remarquais Emma dans sa longue robe bleue. Un sourire étira mes lippes, et je la complimentais, tout en observant l’heure. « Tu es prête ? Mes parents ont dit vingt heures. » Elle acquiesça, puis plaça son bras contre le mien.

Nous transplanions devant la porte de la maison dans laquelle j’avais grandi. Je percevais mon père grognait contre des devoirs non rendus. Je soupirais, puis toquais à la porte. « Amos ! » Le bras accueillant de mon géniteur nous invita chaleureusement à l’intérieur de la demeure. « Installez-vous, Oscar ne devrait pas tarder. » « Où est-il ? » interrogeais-je, une pointe de désapprobation dans mon ton. J’étais impatient de retrouver mon petit frère, néanmoins, je n’appréciais guère ce genre de comportement un peu trop frivole de sa part. Je sentais les doigts d’Emma m’attirer vers la table, et m’installais docilement, participant aux conversations sur le Ministère que mon père élaborait.

Les minutes s’écoulèrent, ma mère prit place à la table. Deux appels, Oscar se faisait attendre. Finalement, l’adolescent entra en scène, puis s’assis sur sa chaise, l’air maussade. Légèrement narquois, j’articulais : « Bonsoir, Charlie. » Le Serdaigle croisa mon regard, j’entendais ma mère évoquer une fille qui était la cause des sauts d’humeur du quatrième année. Celui-ci nia tout de suite les faits, et je m’entendais reprendre : « Ne coupe pas la parole à Maman. » Un soupire, un silence. « Comment ça se passe, la préparation aux BUSEs ? » L’apprenti sorcier m’offrit un regard irrité, avant de rétorquer : « C’est que l’année prochaine, Amos. Si tu veux tant parler de Poudlard, la saison de Quidditch vient tout juste de débuter. » « La saison de Quidditch ne va pas te donner tes BUSEs. Il faut que tu commences à travailler sérieusement, peut-être même songer à prendre des options. C’est bien beau d’être poursuiveur, mais en bout de ligne - » « En bout de ligne, quoi ?! » « En bout de ligne, il faut assurer ton avenir. » « Oui, eh bien, tous les Serdaigles ne sont pas des rats de bibliothèque ! » « Ca te ferait tout de même pas de mal de réviser un peu et obtenir de bons résultats pour la suite. » « Les garçons ! » Je me taisais, docile. Je m’évertuais toujours à mettre mon grain de sel quant à la scolarité de Oscar, d’une manière ou d’une autre. Tenter de le motiver à travailler plus dur, d’être plus assidu, plus ambitieux. Poudlard ne durait que sept années, sept années pour définir tout son avenir. Il ne pouvait pas cracher sur ces opportunités. Et pourtant, mes paroles ne semblaient qu’autoritaires et étouffantes pour mon cadet.

ϟϟϟ


L’ambiance était festive au pub londonien. La semaine s’était étirée, nous avait tous éreintés, si bien que nous avions opté pour nous décontracter à l’un de nos pubs favoris une fois le week-end arrivé. Par ailleurs, la fête de la Saint Patrick nous avait aussi enthousiasmé à prendre du bon temps. Mes yeux dévoraient du regard le charme d’Emma, ses yeux pétillants. Cela faisait désormais près de cinq ans que nous étions ensemble. Nous avions déniché un modeste appartement, que nous habitions depuis plusieurs mois. Notre « petit chez nous » comme elle se plaisait à le surnommer. Les jours s’enchaînaient, notre union se solidifiait. Je ne pouvais plus imaginer un futur sans elle. Si bien que je l’avais épousé. Il y avait de ces passes où nous nous disputions souvent, pour laisser place à ces longues périodes où tout semblait aller comme sur des roulettes. Je sursautais légèrement, mon collègue annonçant fortement une « tournée générale ! » Un fin rire fila entre mes lèvres. John commençait à plaisanter sur ses scroutts à pétard adorés, je percevais Emma annonçait qu’elle prendrait simplement un « Coca. » auquel John ne se priva pas de râler. Je l’entendais inciter mon amie de cœur à prendre son verre, jusqu’à ce qu’il tape sur le bar, grommelant : « Rha, mais allez ! Juste un verre ? Non ?! T’es enceinte, ou quoi ?! » Le groupe se fit silencieux, je croisais le regard de celle que j’aimais, toutes expressions s’évanouissant de mon visage. Le rouge semblait lui montait aux joues, et je me contentais de m’exclamer, incrédule : « Oui ?! Oui ?! » elle porta sa main à ses lèvres, voilant son rire, ou sa gêne, avant d’acquiescer. Je me ruais vers elle, la prenant dans mes bras, déposant un baiser sur ses lèvres.

ϟϟϟ

Le lendemain matin, je me rendais chez Hannah, plus qu’enthousiaste à l’idée de lui partager l’excellente nouvelle. Avec Emma, nous avions parlé de la nommer marraine, ce que j’avais estimé vraiment adorable de la part de mon épouse, sachant qu’elle n’avait jamais réellement eu de liens avec Hannah. Ils avaient été menés à se rencontrer à plusieurs reprises, certes, mais Hannah avait toujours demeuré mon amie, et non celle d’Emma. Elle n’était qu’une connaissance appréciable à ses yeux. Je toquais promptement à la porte de l’appartement, et m’impatientais contre le silence que je reçus. « Hannah, ouvre ! J’ai une nouvelle à t’annoncer. Tu vas - » Je me stoppais, remarquant que la porte n’était pas verrouillée. Hésitant, je tournais totalement la poignée de porte, pénétrant le lieu de vie. « Hannah ? Tu es là ? » Je parcourais le salon, la cuisine, jetais un coup d’œil dans la chambre. Puis, mon cœur se stoppa, ma respiration s’arrêta. L’espace d’un instant, contemplant le spectacle horrifiant qui se peignant devant mes yeux, je plongeais dans cet état de néant glacial. Cet état qui vous saisit tout entier, vous happe, vous engouffre. Mes yeux étaient rivés sur le sol, et mon corps ne répondait plus, mon esprit était en arrêt. Jusqu’à ce qu’un faible gémissement racla ma gorge, et que je tombais sur le sol, mes mains entourant son corps, à la recherche de quelque chose, à la recherche d’une solution. Je parcourais ses poignets, son cou, je la secouais pour la réanimer, mais uniquement le sang tâchait mes paumes, s’incrustait sous mes ongles. « Hannah ! » hurlais-je, avant de transplaner au milieu de Sainte-Mangouste.

Mes mains demeuraient crispées sur elle. Je n’arrivais pas à lâcher prise, à accepter cet échec, cette perte. Je ne voulais pas qu’on me l’enlève, parce que je reconnaissais déjà l’avoir perdue à tout jamais. Des larmes roulaient sur mes joues, et je finissais par me redresser, la livrer à un groupe de médicomages. Je recouvrais mon visage de mes mains ensanglantées. De son sang. Un haut-le-cœur me prit, j’entendais vaguement un employé me livrer quelques explications, ou m’interrogeait-il ? Je hochais la tête, réfutant tout. Réfutant la situation. Elle avait l’air d’aller mieux. Elle avait l’air d’être à nouveau heureuse. M’avait-elle leurré ? Je me souvenais de ses derniers propos à mon égard. « Oh, Amos. Tu n’as jamais été un problème. Tu ne m’as jamais vraiment rendu malheureuse. » Et même quand je l’avais repoussée à Poudlard. J’avais simplement été « toi-même, juste et honnête. Je n’étais pas à toi. On le sait bien tous les deux. »  Etaient-ce ses adieux ? Je disparaissais, me rendant à nouveau dans son appartement.

Les heures s’étiraient. Je restais assis sous sa fenêtre, le soleil me caressant tendrement. J’observais les méandres de son existence qui s’étalaient sur son plancher, les résidus de la scène. Le sang avait séché sur mes mains, et je me rejouais sans arrêt nos derniers instants ensembles. Après cette longue inertie, je me redressais, mon dos se plaignant de la position antérieure. Je parcourais sans but les mètres carrés, et me stoppais devant sa table de chevet, sur laquelle une lettre reposait. Fébrile, je l’ouvrais, la parcourais. Ses derniers mots.

ϟϟϟ

Les yeux rivés sur le plafond, je me ressassais les derniers événements. Les funérailles d’Hannah. Sa famille avait été présente, tandis que je m’y étais rendu seul, désirant épargner Emma. Je leur avais donné la lettre de suicide que leur parenté avait laissé derrière elle, et n’avait su démontrer autre que froideur et antipathie à l’adresse notamment de sa sœur cadette, Callista. Les sentiments étaient trop frais pour que je parvienne à les dompter, néanmoins, j’avais su garder le silence, respecté le moment. Je m’étais montré aussi droit, aussi stricte, que dans leurs souvenirs. Les événements tragiques ne me feront pas plancher, je me le promettais. J’étais ici pour un but, j’avais œuvré toute mon existence pour le bien de notre monde, pour sa droiture, pour son fonctionnement juste et précis. Régulé. Je ne perdrai rien de tout ça. Non. J’approfondirais ces valeurs, les étendrais.
Emma saisit ma main, la déposant contre son ventre proéminent. Je sentis un léger coup. Oui, un monde meilleur, toujours plus juste. Aux règles claires et honnêtes à tous. Des droits comme des devoirs. Un équilibre. Pour nous.

ϟϟϟ

« Diggory, vous avez fait de l’excellent travail sur notre dernier dossier. Je vous en félicite. Par ailleurs, j’aimerai vous mettre sur un tout nouveau projet, très important comme prometteur. Je suis certain que vous le mènerai à bien. En réalité, vous êtes l’homme qu’il nous faut pour un tel sujet. L’homme de la situation ! » Je baissais les yeux sur le dossier en question, reconnaissais rapidement le cas sensible. Un élevage de dragon en Roumanie qui menaçait certaines populations par sa proximité. Les sorciers portant attention aux créatures juraient que tout était sous contrôle, néanmoins, ils n’embrasaient pas les règles de sécurité. J’opinais doucement, promettant : « Vous ne serez pas déçu. » Je saisissais les documents que l’on me tendait, et sortais du bureau de mon supérieur. A peine avais-je eu le temps de regagner mon propre lieu de travail, que John m’attirait violemment par le bras, s’exclamant : « Amos ! C’est Emma ! Tu as reçu un hibou ! La bête était tellement enragée qu’on l’a pétrifiée pour pouvoir lire le message ! Bref – elle est à Sainte-Mangouste ! Elle accouche, mec ! » L’espace de quelques instants, je fixais mon ami comme s’il venait de raconter des faits totalement superflus, impossibles, ou dans une langue étrangère. Je remarquais un peu stupidement que John s’était permis de lire mes hiboux, ce qui était sérieusement preuve d’un manquement dans son éducation. Puis, le choc me happa. J’articulais finalement : « Par Merlin. Préviens Sid que j’ai dû m’absenter. » Je transplanais, après avoir fourré mes documents dans les bras de mon collègue.

« Emma. Emma Diggory. » J’observais la soignante, qui farfouillait dans ses documents. « Elle est en train d’accoucher. Ou elle a accouché. Que sais-je. C’est ma femme ! » Mon interlocutrice me livrait quelques directions, ainsi que des félicitations auxquelles je répondais machinalement. Je me précipitais vers le couloir que l’on m’avait désigné, à la recherche de ma famille. De ma propre famille.

Enfoncé dans un fauteuil, j’attendais impatiemment. Les heures s’allongeaient, j’avais le sentiment que le supplice n’avait plus de fin. Je désirais ardemment voir Emma, être présent avec elle. Néanmoins, les faits étaient impossibles, et je me devais de patienter, passif. Quelques collègues étaient passés, pour repartir vaquer à leur occupation, sous la promesse que je les préviendrai lorsque j’en saurais plus sur la situation. Sur mon futur enfant. Je frottais mes yeux lourds, seuls signes de ma fatigue. Mon corps était surexcité, mais mes yeux n’en pouvaient plus. Je me redressais, effectuais pour une énième fois les cent pas. Puis des voix emplirent le couloir silencieux. Je me stoppais, tous les sens en alerte, le cœur en folie. Alors que j’apercevais enfin Emma, ce dernier fit un bond dans ma poitrine. Je laissais les infirmiers l’installaient convenablement, puis prenais place à son chevet. « Emma, comment ça va ? Tout va bien ? » Mes yeux passaient frénétiquement de ma femme aux blouses blanches, effarés de ne pas voir de bébé dans le lot. Était-ce pour cela qu’Emma était restée si loin si longtemps ? L’accouchement s’était-il si mal passé, alors que j’étais à l’écart, impuissant ? Je sentis la main de mon épouse saisir la mienne, tandis qu’elle annonçait : « Tout va bien, Amos. » Elle caressa ma joue, un fin mais franc sourire étirait ses lèvres pâles. Elle était épuisée, vidée. Je passais une main contre son front, repoussant tendrement ses mèches blondes de ses yeux verts. « Il va bien. C’est un petit garçon. Ils font juste quelques examens de base. C’est un petit garçon, Amos. » Je souris, échappais un petit rire ému. Sincèrement, je me fichais bien du sexe de notre enfant, mais uniquement le fait de savoir que nous avions créé un petit être à nous deux, qu’il était bien réel, me comblait de bonheur. Je me penchais doucement, déposant un baiser sur le front de ma femme.

Je l’observais s’assoupir, et me sentais presque empoté, quand la sage-femme revint, le bébé dans les bras. Directive, elle l’imposa dans mes bras, et pendant plusieurs minutes, je demeurais immobile, les yeux rivés sur le nouveau-né. J’entendais à peine les paroles de la professionnelle, trop obnubilé par cette présence, par ce miracle, cette beauté de la nature. Bien vite, j’étais la seule âme encore éveillée dans la pièce, piqué debout au milieu de celle-ci. Puis, au bout d’un certain temps, la fatigue retombant dans mon organisme, je reprenais place dans le fauteuil, admirant mon fils. « Cedric » entendis-je au bout d’un moment. Je souris à nouveau, agréant : « Cedric. »

ϟϟϟ

Je dénouais promptement ma cape, laissant ma mère embrasser distraitement ma joue en guise de bonjour. Je m’entendais interroger, alors que mon esprit était ailleurs, aux éléments tragiques qui venaient d’accabler le monde des sorciers. « Oscar va bien ? Tu as eu des nouvelles ? » « Oui, oui, il va bien. Amos… Ils parlent d’un Lord Voldemort. Un jeune mage qui serait derrière cette attaque. Dumbledore… » Une main glissa sur ses lèvres tremblantes. Je n’avais jamais réellement eu l’opportunité d’échanger avec l’un des plus grands mages de notre génération, si ce n’est le plus grand. Quelques banalités d’usage, car j’avais été préfet-en-chef. Néanmoins, la réputation ainsi que la puissance du mage n’était pas à faire. Il avait enchaîné les exploits, il était indétrônable. Du moins, jusqu’à aujourd’hui. « Comment va Emma ? » « Elle va bien, le bébé aussi. C’est la folie, au Ministère. Je suis juste venu m’assurer que tout allait bien, ici. Je ne peux pas rester longtemps, on a besoin de moi. » « Tout va bien. File, mon grand. » déclara ma génitrice, avant que je prenne congé, retournant religieusement à mes devoirs.

Les jours se suivirent, ébranlant les sorciers à mesure d’heures. L'enterrement de Dumbledore prit place le 22 février, un jour bien morose qui deviendra un véritable point de départ pour un chaos prochain. Un mois plus tard, une bataille éclatait, tâchant le monde magique de nouveaux morts, adultes comme simples élèves. Les Mangemorts au pouvoir, Voldemort installe son échiquier géant, place ses pions stratégiquement. Chaque jour je milite, férocement présent dans les rangs de l'Ordre, et chaque jour, j'ai le sentiment d'avoir les mains tâchées de sang. J'en tremble la nuit, pourtant, jamais je ne pourrais en démordre, jamais je ne pourrais plier le genou face à ce sombre sorcier que certains murmurent même seigneur. Jamais je ne pourrais accepter une telle société.

Puis, la Grande Révolte semble avoir raison de moi. Je succombe, les blessures deviennent trop importantes, l'espoir trop mince. Pour une fois, la seule fois depuis le début de mon existence, je ne parviens à me relever. Je suis inapte à bouger le moindre muscle, je suis plongée dans la noirceur abyssale alors qu'autour de moi, l'on me constate décédé, perdu. Puis, mon corps disparaît, laissant derrière moi que des débris d'une ancienne vie. Je ne connaîtrais pas en même temps que les autres le régime des districts. Pendant trois ans, je ne verrais plus grandir mon fils, je ne sentirais plus l'amour de ma femme effleurer ma peau. Mais je survivrai. Chaque jour, combattant encore. Dissimulé par Alexis MacFusty qui de toute évidence ne pouvait se résoudre à me laisser là, qui n'avait elle pas perdu espoir en mon souffle de vie. Caché, soigné, guidé par ses soins, je récupère laborieusement, lentement, des forces, chaque progrès minime, frisant l'invisible, constituant de véritables exploits. Le mental accroché à ma famille, maintenant que j'ai récupéré ma condition physique, je ne rêve plus qu'à repartir au combat et retrouver les miens. Approfondir et intensifier une nouvelle résistance.
 
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La liberté de l'aigle en plein vol
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Oscar C. Diggory
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Re: amos ϟ be strong. live honorably and with dignity.   
Mar 20 Oct - 11:29
Amos !

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Re: amos ϟ be strong. live honorably and with dignity.   
Mar 20 Oct - 17:32
Merci cher frère !
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