Rise above the crowds ♣ Alcyone


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Aidan Callaghan
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Rise above the crowds ♣ Alcyone   
Mer 4 Nov - 1:56


rise above the crowds


La nuit est tombée depuis longtemps déjà, sombre et froide, plongeant la ville dans une torpeur au silence assourdissant. Les rues sont quasiment désertes et les pubs moldus ferment déjà leurs portes, peu fréquentés à cette heure tardive et par ces nuits d'hiver au froid mordant où les gens préfèrent rester chez eux bien au chaud. Je suis dehors, pourtant, marchant sur un trottoir illuminé par les lumières des vitrines moldues, les mains enfoncées dans les poches de mon manteau. C'est agréable de parcourir ces rues de nuit, quand tout est calme et en attente, comme si le monde entier se reposait pour repartir de plus belle au petit matin dans sa routine immuable, ignorant tout drames et conflits, imperturbable et déterminé à avancer coûte que coûte sans se retourner. J'ai parfois du mal à me dire que ces moments sont aussi réels que les autres, que ces rues sont aussi vivantes que celles de notre monde, que ces pierres sont foulées par des gens aux histoires tellement différentes de la mienne. Des gens qui ne se retourneraient pas sur mon passage pour me lancer des regards au jugement immédiat, des regards changés par ce qu'ils croient savoir. Ils croient savoir. Ils présument, mais ne savent pas.

J'arrive bientôt à destination. Le Chaudron Baveur, illustre pub à la façade miteuse et entrée bien connue du Chemin de Traverse. Il y a quelques années encore, cet endroit était comme Poudlard un lieu commun à tous les sorciers : tout le monde y avait mis les pieds au moins une fois dans sa vie. Aujourd'hui, cependant, cette réalité n'est plus. Tout comme la prestigieuse école, les nouvelles générations seront privées du plaisir curieux que l'on ressent en rentrant ici pour la première fois. Seuls les privilégiés du Capitole ont encore ce droit, et il semble évident que la fréquentation a baissé de manière spectaculaire depuis l’avènement des districts. Les sorciers du Capitole ont des exigences bien plus hautes en ce qui concerne leurs lieux de débauche et de luxure, et c'est d'ailleurs dans l'un de ces endroits que je me rends, l'un des clubs sorciers les plus à la page en ce moment. Le Black Star, cabaret tenu et dirigé par mon amie Alcyone Yaxley. Cet endroit n'a rien à voir avec ce pub simple et chaleureux que je traverse actuellement, c'est un superbe établissement proposant des divertissement de tous genres et d'excellente qualité. Certains y viennent pour la culture, mais la plupart de la clientèle n'y va que pour se montrer et briller en société. Le gratin du gratin y est réuni de façon régulière, chacun y mettant du sien pour impressionner les autres et s'assurer de ne pas perdre sa place enviable au Capitole. D'autres y viennent plus pour ses salles en sous-sol, où les spectacles sont de nature plus charnelle et beaucoup moins respectable.

Je tapote les briques du mur du bout de ma baguette et entre sur le Chemin de Traverse, plongé dans un silence presque religieux. Il fait toujours aussi froid, et je resserre un peu plus le manteau contre moi, descendant la rue d'un pas rapide. Je marche quelques minutes avant d'apercevoir des gens dans la rue, non loin de l'entrée du Black Star. Eux aussi se rendent au cabaret, et je les vois s'avancer vers les deux videurs postés en bas des marches. Alors que je m'approche, je remarque qu'il s'agit d'un couple de sorciers semblant être dans la cinquantaine. Ils montrent leur marque et parlent quelques secondes avec le videur qui finit par les laisser passer. Je me demande bien à quoi sert de demander à voir la marque. Comme s'il existait des personnes au Capitole qui n'avaient pas juré allégeance au Lord. Je m'avance vers l'entrée et adresse un bref signe de tête aux videurs, qui me le renvoient. « Monsieur Callaghan. » J'ai vite fait de monter les quelques marches et de pousser la porte d'entrée.

Quand on ouvre cette porte, c'est comme si on ouvrait un passage vers une autre dimension. Surtout en pleine nuit d'hiver, quand le froid et le silence prédominent au-dehors alors que le cabaret est plein de musique, de chaleur et de voix plus sonores les unes que les autres. Les odeurs sont si variées et différentes que le rendu final peut-être soit harmonieux soit particulièrement mauvais, mais au moins ici il y a de l'animation et de la vie. Des perspectives qui ne me réjouissent pas plus que le calme extérieur, quand on sait quel genre de vies se pavanent ici. La luxure, le dédain, l'égocentrisme et la cruauté, voilà le monde dans lequel je vis. Et le pire c'est que je m'y suis fait une place de choix, une place que j'entretiens avec ces petites sorties mondaines. Mais là n'est pas le but de cette soirée. J'aime assez venir au Black Star, c'est au moins divertissant et les spectacles valent toujours le coup d’œil. On y boit bien et c'est l'endroit idéal pour se tenir au courant de ce qu'il se passe dans le Capitole – au final, je viens ici faire la même chose que tout le monde, à ceci près que ma motivation principale est que c'est Alcyone la patronne. Et Alcyone est certainement l'une des seules personnes que je supporte ici, et dont j'apprécie la compagnie. C'est d'ailleurs pour elle que je suis venu ce soir, sachant très bien qu'à cette heure-ci elle serait forcément au cabaret, se mêlant aux foules de la haute société sorcière, son sourire ambitieux et séduisant bien en place.

Comme d'habitude, il y a du monde. On me débarrasse de mon manteau puis je rentre dans la salle principale, où des tables sont installées devant la grande scène accueillant une représentation de danse sur laquelle je ne m’attarde pas. Les gens discutent entre eux, applaudissent et réagissent quand il le faut. Les serveuses s'affairent, entrant et sortant de la salle en faisant léviter des plateaux de verres devant elles. Je lève les yeux vers le balcon, scrutant les visages. Là-haut se trouvent les carrés plus prisés où seuls les invités de marque sont admis. Je fais venir à moi un verre de vin que transportait l'une des serveuses puis monte à l'étage, passant devant un autre videur qui me regarde sans rien dire. En haut, l'ambiance est plus calme, plus tirée à quatre épingles. Les gens regardent le spectacle (ou du moins, font mine de s'y intéresser) et discutent avec un air important. La différence avec ceux d'en bas, c'est qu'ils n'essaient pas de se donner un air important, ils sont importants.
Je les observe quelques minutes. Certains ont tourné la tête à mon arrivée puis sont bien vite repartis dans leurs conversations étouffées. Alcyone est bien là, un peu plus loin, en train de parler à un homme qui me tourne le dos. Je crois qu'elle m'a vu et décide de l'attendre. Debout, je sirote mon verre en observant le spectacle de danse qui touche à sa fin. Les filles sont presque toutes blondes et portent des robes à couper le souffle, aux effets magiques époustouflants. Je reconnaît bien là la marque de fabrique de Alcyone. Les filles sont gracieuses et leurs mouvements sont en harmonie totale avec leurs vêtements qui brillent de mille feux. L'une d'elle en particulier fait preuve d'une grande souplesse en exécutant une figure qui tire des applaudissements au public.
J'entends alors le son distinctif de chaussures à talons avançant sur le parquet et tourne la tête pour voir Alcyone me rejoindre au balcon. Je lui adresse un sourire un peu malicieux et mime un geste de révérence avec ma main. « Mademoiselle Yaxley, c'est un honneur. » C'est typiquement le genre de comportements que nous nous faisons un plaisir de critiquer habituellement – et que pourtant nous maîtrisons si bien, paradoxalement. « J'espérais te voir ce soir, » lui dis-je avec un sourire non feint, « Comment tu vas ? » Comme toujours elle est resplendissante, portant une tenue de sa propre création, je n'en doute pas une minute. A côté d'elle je me sens toujours un peu fade, car même si elle me créait la plus belle robe de sorcier jamais faite, je ne lui arriverait pas à la cheville. Ce n'est pas une question d'apparence, mais plutôt de ce qu'elle dégage : classe, confiance et conviction. Je suis persuadé qu'elle ira très loin au Capitole, ce qui au fond me rend assez inquiet quant à son avenir.


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Alcyone L. Yaxley
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Re: Rise above the crowds ♣ Alcyone   
Ven 13 Nov - 21:25


rise above the crowds


Alcyone porta son regard sur le bureau que son père lui avait attribué. Un bordel impossible s’était empilé en ce lieu qui se devait d’être une perfection. Plusieurs dessins jonchaient l’acajou sombre. Certains, réduits à néant en une boulette froissée, trainaient sur le sol. Un instant ses pensées s’égarèrent vers sa mère qui s’évertuait à détruire la moindre ses créations lui vrillant les oreilles qu’un mari lui éviterait de se servir de ses dix doigts. Exaspérée, ses phalanges se crispèrent sur la feuille qui se trouvait devant elle avec une ébauche de dessin. Ca ne venait pas. Quelque part, elle n’avait jamais été faite pour s’enfermer dans un bureau. Elle était tellement plus enthousiaste au milieu des tissus, des fils et des perles. Leurs couleurs chatoyantes se reflétant dans ses prunelles. Couleurs qui l’inspiraient en à peine quelques secondes alors qu’un modèle s’entrelaçait dans son esprit. En un mouvement léger, Alcyone finit par se lever pour sortir de cette prison imperméable à l’imaginaire. Situé au dernier étage du Black Star, il est à l’écart des festivités et de la luxure qui se trouvent quelques seuils plus bas. Les esprits salaces qui s’échauffent au sous sol ne font pas parti de ses performances préférés du cabaret mais lorsque le patriarche Yaxley lui a donné la gestion des lieux, elle n’a pas eu le choix que d’entretenir la chose. L’élite du Capitole vient s’échauffer à l’abris des regards. Si certains ne font qu’assister au spectacle se pensant important, ils ne doutent même pas de ce qu’il se trame sous leurs pieds, là où le vice s’étale avec perversion. Si certains se font plaisir devant quelques danseuses, d’autres n’hésitent pas à donner de leur propre personne… Alcyone, loin d’être une romantique invétérée depuis ces dernières années, a pourtant quelques difficultés avec ses méthodes. Mais après tout, n’est-ce pas le système ? Est-ce réellement sa faute si elle se trouve être la cerise sur le gâteau de cette population menée par la dignité du sang ? Si Oscar l’entendait penser ainsi… Sa main se ferma machinalement de manière agacée en repensant à son ami d’enfance à jamais perdu. Ses pas la guidèrent vers une petite suite qui lui était réservée, lorsque trop fatiguée d’être restée au Black Star, elle dormait sur place. Refermant la porte derrière elle, elle se dirigea vers la salle de bain et se fit couler de l’eau afin de remplir sa baignoire. Loin des misères des districts, la jeune héritière Yaxley se prélassait dans de l’eau chaude dont l’odeur boisée lui détendait ses nerfs tendus. S’imprégnant de la chaleur, des odeurs et de la douceur des lieux, l’Etoile se préparait à faire sa parade du soir. Ce n’était rien de plus, rien de moins. Un jeu, une mascarade devant cette flopée de Sang-Purs qui se pensaient au dessus de tout. Encore plus ces derniers qui accédaient aux établissements tels que le Black Star. Ils étaient d’une suffisance et d’une hypocrisie suintantes
s’imaginant que leurs Gallions pouvaient tout leur permettre.

Lorsqu’elle quitta la baignoire s’enroulant dans un peignoir, elle se dirigea instinctivement vers sa penderie. A travers la fenêtre, les rayons de la lune venaient bercer l’atmosphère de la pièce avec douceur. La brune porta son attention sur une robe noire simple qu’elle avait dessiné quelques mois plus tôt mais jamais portée. Travaillée avec la soie d’accromentula, le bustier dévoilait un entrelacs de dentelles délicates et quelques pierres fines et discrètes venaient orner délicatement le tout. Ce sera parfait. Simple mais personne ne lui imposerait de porter des tenues à froufrous. Enfilant le tout avec une paire d’escarpins à talons, Alcyone se contenta d’onduler ses cheveux d’un coup de baguette. Un brin de mascara et du rouge sur les lèvres et la tournée pouvait commencer. Son père avait bien insisté sur le fait que sa présence durant certaines soirées était cruciale. Il lui avait appris quels clients étaient vraiment importants, lesquels flatter par son salut, les démarquant des autres se révélant être moins légitimes… Passant par des escaliers secrets, aux yeux et à la barbe des convives, l’Etoile se trouve rapidement à l’entrée. Quelques sourires, rien de plus. Les badauds ne méritent pas la reconnaissance. Un passage entre les tables dressées devant la scène sans arrêts. Juste pour se montrer. Certains se dirigent déjà vers les lieux plus sombres du cabaret. Il ne faut pas cracher dessus, c’est ce qui ramène le plus d’argent à cette société familiale… Rapidement, elle atteint les balcons, c’est ici qu’il faut jouer et tirer sur les bonnes ficelles. Flatter les bonnes personnes. Rester quelques minutes de plus ou de moins avec certains convives. Pire que l’étiquette royale des moldus. Coincée depuis une dizaine de minutes avec Edward Macnair, les yeux sombres d’Alcyone sont soudainement attirée par une silhouette qu’elle ne connait que trop bien et qui lui promet de passer une bien meilleure soirée. L’envie d’écourter son entretien avec l’homme lui entaille la raison l’espace de quelques secondes. Après quelques instants, où elle termine enfin sa ronde afin d’être tranquillement avec Aidan, elle finit par le rejoindre, un sourire aux lèvres. Cela risque encore de faire jaser mais c’est bien quelque chose qui lui passe au dessus de la tête. Maintenant qu’elle a réussi à respecter les convenances, sans même froisser l’égo des uns et des autres, elle peut bien s’occuper comme elle le souhaite même si c’est en compagnie du vainqueur des premiers Blood Games. Ou autrement appelé ‘le célibataire le plus en vue du Capitole’ d’après la presse à cancan. Elle ne peut s’empêcher de retenir un rire devant la révérence qu’il lui adresse alors qu’elle s’approche enfin de lui. D’un mouvement plein de manières, elle lui tend la main comme pour y recevoir un baisemain. « Mademoiselle Yaxley, c'est un honneur. » L’Etoile secoue malicieusement la tête. C’est exactement le genre de phrases ridicules qu’on lui sert depuis tout à l’heure. « Monsieur Callaghan, votre présence dans mon établissement est un véritable privilège. » Combien d’hommes ont rehaussé leur poitrine juste par l’impact de ces quelques mots ? D’un mouvement rapide, Alcyone attrape une flute de champagne alors qu’un serveur passe non loin d’eux. S’appuyant dos à la balustrade et au spectacle qu’elle connait par coeur, la brune observe la tenue de son ami sans dire un mot. « J'espérais te voir ce soir.» Alcyone écarte légèrement les bras en inclinant la tête, l’air de dire ‘me voila’. « Comment tu vas ? » « Tu veux la version courte ou la longue ? » répondit-elle d’une petite voix railleuse. Suivant le regard d’Aidan vers la scène, Alcyone jeta un oeil par dessus son épaule, observant la danseuse dont les prouesses laissaient pantois. Faisant mine de lui essuyer de la bave sur son menton, la main de l’Etoile vint le tapoter à cet endroit. « Si ses talents t’impressionnent, je peux t’arranger un rendez-vous. On a des chambres individuelles.» dit-elle légèrement moqueuse. Le problème avec Alcyone ? Sa possessivité. Avec ses amis, filles comme garçons, la jeune femme aimait avoir l’exclusivité. Oscar en avait été le principal témoin. Elle porta son verre à ses lèvres. « J’ai envie de boire jusqu’à m’enivrer pour m’échapper de tous ces idiots. » Voila sa réponse quant à sa question sur son état d’esprit. « Et toi, comment vas-tu ? Et surtout qu’est-ce que tu me veux ? » Un sourire étira lentement ses lippes. « Tu vas pas me faire croire que tu es venu supporter leurs regards juste pour le bon plaisir de me rencontrer ? »

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Aidan Callaghan
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Re: Rise above the crowds ♣ Alcyone   
Sam 26 Déc - 1:09


rise above the crowds


Alcyone, l'étoile. Alcyone, la belle Alcyone Yaxley qui fait tourner les têtes et qui attise envies et jalousies au sein du Capitole. Sa famille est renommée mais elle s'est fait un nom elle-même désormais, étoile montante toujours plus brillante. Quand je l'ai connue au début elle n'était qu'un visage parmi les autres, beau, maquillé, aussi distant et froid que les autres. Une âme damnée que la colère me faisait haïr, autre personne abjecte que je me devais de complimenter tout en voulant lui cracher au visage. Ah comme j'en voulais au monde entier à l'époque. C'est toujours le cas, mais Alcyone n'en fait pas partie. Elle est un des rayons de soleil qui, si ils ne me redonnent pas espoir, au moins parviennent à rendre la vie ici agréable pendant les moments que je passe en leur compagnie. Avec elle j'ai l'impression de retrouver un peu l'homme que j'étais avant les jeux, le jeune homme boute-en-train et trop sûr de lui, celui-là qui agaçait mais qu'on aimait quand même. Elle a su se démarquer dès le départ, simplement par son regard. Sa façon de m'observer était différente des autres, et ses yeux avaient rencontré les miens sans parade, sans détour et avec un réel intérêt, une curiosité et une détermination plus sincère et plus humaine. Son sourire un peu cynique m'avait interloqué, et si j'avais été sur mes gardes au départ, ses paroles m'avaient pris de court. Pas d'éloges, pas de félicitations. La pure vérité, brute et réaliste, servie sur une plateau d'argent, avec un sourire amusé et des yeux dans lesquels il reconnaissait son propre dégoût pour ce qui l'entourait. Alcyone. Il n'y en avait pas deux comme elle ici. « Monsieur Callaghan, votre présence dans mon établissement est un véritable privilège. » Voilà qui illustre mes pensées. Alcyone dans toute sa splendeur, sautant à pieds joints dans la plaisanterie que j'ai initié. Je souris en la regardant me tendre la main, son faux air important sur le visage. Je sais que c'est exactement le genre de situation qu'elle vient de vivre pendant toute la soirée et qu'elle est heureuse que je vienne lui offrir une petite pause récréative. Ces requins qui tournent ici, à cet étage, sont des hommes au cœur asséché. Alcyone prend une coupe de champagne et s'accoude à la balustrade à mes côtés. « Tu veux la version courte ou la longue ? » me répondit-elle avec cynisme quand je lui demande comment elle va. J'ai un petit sourire narquois, sachant très bien ce qu'elle sous-entend. Mes yeux se posent de nouveau sur la scène par automatisme et Alcyon ne manque pas de me taquiner sur ce point. « Si ses talents t’impressionnent, je peux t’arranger un rendez-vous. On a des chambres individuelles. » Elle fait mine d'essuyer une bave imaginaire sur mon menton et je tourne de nouveau la tête pour la regarder, un sourire joueur sur les lèvres. « Oh ce ne sera pas nécessaire, je les préfère grosses vieilles et riches, tu le sais bien, » lui dis-je, faisant bien sûr référence à ces mégères du Capitole qui espèrent être vues au bras d'un jeune vainqueur encore un  peu célèbre, celles dont nous aimons particulièrement nous moquer dans les soirées mondaines.  « J’ai envie de boire jusqu’à m’enivrer pour m’échapper de tous ces idiots. » Dit-elle finalement, l'expression soudainement bien plus agacée. Elle boit une rasade de sa flûte pour illustrer ses propos et je lève mon verre de vin dans lequel ne reste plus qu'une pauvre petite gorgée que je descend à sa santé. « Ça peut toujours s'arranger, mais il me faudra un verre plein pour ça. » je claque des doigts, et un des plateaux lévite vers nous, sur lequel je pose mon verre vide et prend une coupe semblable à celle de mon amie. « Et toi, comment vas-tu ? Et surtout qu’est-ce que tu me veux ? Tu vas pas me faire croire que tu es venu supporter leurs regards juste pour le bon plaisir de me rencontrer ? » Je prends une expression faussement blessée. « Tu douterais de mon sens du sacrifice ? » Ma main se pose sur mon cœur et je titube en arrière, comme heurté de plein fouet. Des visages se tournent vers nous de temps à autres, aussi vides d'émotion qu'à l'accoutumée. J'ai envie de leur adresser des doigts d'honneur à tout bout de champ. « Sérieusement, tu sais bien que ça me fait toujours plaisir de te voir. Je suis pas venu pour eux, même si... » Je grimace et fait des gestes gênés avec mes mains, comme si j'allais avouer quelque chose de difficile à exprimer. « Ah, ils me manquaient tellement. C'est difficile de passer une journée sans prendre un bain de foule. » Je hausse les épaules, défaitiste, et prend une gorgée de champagne. Ah, la foule. C'est vrai que j'ai toujours rêvé d'être célèbre, connu, acclamé, aimé par les gens. Mais être connu pour avoir fait ce que j'ai fait, cela n'a rien de plaisant. « Mais oui, il fallait que je te parle affaires. Et je ne parle pas de ton superbe cabaret, mais bien de ton talent pour la création, » lui dis-je avec un sourire en coin flatteur. Car oui, elle n'a pas volé son titre d'étoile montante, et sa réussite ne repose pas sur se bâtiment dans lequel nous nous trouvons, mais bien dans ses doigts experts et son imagination débordante.

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Alcyone L. Yaxley
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Re: Rise above the crowds ♣ Alcyone   
Lun 28 Déc - 18:57


rise above the crowds


Alcyone se souvenait parfaitement de la première fois où ses yeux s’étaient posés sur lui. Il était là, au milieu des rapaces. Elle avait tout juste dix-huit ans, peut-être un peu plus, mais comme tous les autres, elle n’avait pu s’empêcher de le regarder. Alcyone avait échappé aux images des Blood Games. Dès que le miroir s’allumait dans le salon familiale, elle s’échappait vers sa chambre ne voulant pas se confronter à cette folie. Mais comment ne pas l’observer ? Il se tenait droit, fier au milieu de cette foule qui l’adulait. Qui l’adulait pour quelles raisons ? Celles d’avoir souffert ? De vivre avec la mort de neuf personnes ? Non, l’Etoile n’avait jamais compris ce fanatisme. Et alors qu’elle le sondait de loin, elle restait persuadée que lui, malgré cette carapace faite en fer forgé, n’en menait pas large. Elle n’avait peut-être pas le courage d’Oscar, mais à l’époque, elle continuait de trouver cet Etat complètement fou. Tom Jedusor était sûrement dérangé. Mais cette opinion restait cloitrée au fond de sa gorge. Elle avait déjà la chance, pour une sang-pur, de travailler et d’être presque indépendante. La plupart des jeunes filles de son âge étaient déjà fiancées, voir mariées. Si elle avait essuyé plusieurs remises en place, son père avait fini par céder. L’Etoile n’était pas aveugle. Cette liberté factice n’était qu’un leurre. Mais elle aimait y croire. Se sentir dénouée des liens familiaux. Tant qu’elle se tenait à carreaux, minimes étaient les risques. Elle continuait le stylisme et faisait prospérer le Blackstar. Et elle continuerait de profiter de ce bonheur, aussi éphémère soit-il, jusqu’au bout. Fréquenter Aidan, ne faisait pas parti des préférences de son patriarche, Damon Yaxley. Il sentait bien la frivolité de sa fille à son approche mais que pouvait-il dire ? Il était une star au sein du Capitole, et cela, l’Etoile avait su en profiter. Aucun reproche ne pouvait lui être fait. C’est ce qu’elle aimait le plus. Jouer avec le fil du rasoir.

Et puis, au Capitole, il n’avait jamais trouvé personne qui la comprenait comme Aidan. Etrange à dire. Lui qui avait vécu des supplices innombrables, inimaginables. Mais le lien entre eux s’était créé et unit il y a presque trois années, sans jamais se dénouer depuis. Alors qu’il tourne son regard limpide vers elle alors qu’elle lui propose un rendez-vous avec la danseuse, ses prunelles sombres accrochent les siennes, un sourire aux lèvres. « Oh ce ne sera pas nécessaire, je les préfère grosses vieilles et riches, tu le sais bien, » Cette fois, la jeune femme ne peut s’empêcher de rire franchement. Ces mégères du Capitole qui rêvent de s’acheter Aidan… C’est écoeurant. Ils préfèrent en rire, mais Alcyone sait à quel point cette situation est difficile. Comment savoir à qui faire confiance ? Comment connaitre celui qui est amical par intérêt ou celui qui sincère ? Flute à la main, Alcyone fait part au Vainqueur ses envies d’évasion. « Ça peut toujours s'arranger, mais il me faudra un verre plein pour ça. » Alcyone le regarde malicieusement. Ce ne serait pas la première fois qu’elle boit en sa compagnie. Toujours mal venu de voir une héritière s’enivrer et rire pour des idioties, mais l’Etoile a toujours eu tendance à se ficher du protocole. Mais elle est au Blackstar… pas dans un bal mondain. Elle est la maitresse des lieux. Elle porte malgré tout son verre à ses lèvres, lui demandant pourquoi il était venu. « Tu douterais de mon sens du sacrifice ? » La jeune Yaxley ne répond rien, mais ses iris parlent pour elle. S’ils veulent se voir pour parler, ils évitent les lieux bondés. Sa présence ici, si c’est pour la voir, doit avoir une bonne raison. Rien de grave, espérait-elle l’espace de quelques secondes. « Sérieusement, tu sais bien que ça me fait toujours plaisir de te voir. Je suis pas venu pour eux, même si... » Silencieuse, Alcyone regarde son ami et ses simagrées amusée. « Ah, ils me manquaient tellement. C'est difficile de passer une journée sans prendre un bain de foule. » Alcyone leva alors doucement ses yeux au ciel. Soudainement, elle repensa à une chose et tira d’un revers de sa robe une carte. Dessus, un mot doux, une adresse. Un nom. « J’ai failli oublié… » Elle lui tendit le carton. S’approchant légèrement, dans un murmure proche de la confidence.  « Si jamais tu en as assez des femmes, monsieur  Whitemore m’a donné ceci pour toi… Comme il sait qu’on est proches. » Un sourire moqueur aux lèvres, Alcyone observe le visage d’Aidan. A dire vrai, le mot doux lui était réservé, mais lui faire croire que c’était pour lui était bien plus délectable. Un petit air innocent s’empara de son visage alors que la conversation devient légèrement plus sérieuse. « Mais oui, il fallait que je te parle affaires. Et je ne parle pas de ton superbe cabaret, mais bien de ton talent pour la création, » Ces quelques mots font rapidement mouche et Alcyone se met alors à fixer Aidan avec curiosité se demandant en quoi elle va pouvoir l’aider. Elle observe un instant autour d’elle. La soirée est plus qu’entamée, elle a fait le tour des lieux, ils peuvent bien s’éclipser. « Mon bureau ?» Plus une affirmation qu’une question, d’un mouvement léger du bras, Alcyone l’invite à la suivre. Pour éviter la foule, elle emprunte une issue presque invisible et pousse une porte dissimulée qui mène aux étages. Jamais elle ne montre ces chemins, mais avec Aidan, c’est différent. Il est habitué, il doit même en connaitre plusieurs autres depuis le temps. « Par contre, ne fais pas attention au bordel…» Elle n’avait pas pris la peine de le ranger alors que ses dessins trainaient de partout sur le bureau et que des boulettes jonchaient le sol de la pièce. Elle retira une pile de dossiers d’une chaise pour laisser de la place à Aidan. Ses doigts glissèrent sur une corde, animant une clochette. Rapidement, un elfe apparu et Alcyone lui demanda de ramener une bouteille de champagne. « Tu m’as promis qu’on allait boire… On peut bien parler affaire en même temps…» La brune se pencha pour retirer ses talons. Certes, elle perdait quelques centimètres, mais la parade était finie. Elle les jeta dans un coin de la pièce. L’elfe apparut et déposa le butin. « A toi l’honneur, c’est boulot des hommes ça, d’ouvrir le champagne ! » Elle s’appuya au bureau et observa Aidan. « Alors de quoi voulais-tu me parler ? Tu as besoin d’une jolie robe pour tes nouveaux penchants sexuels ? » Alcyone se mordit légèrement la lèvre afin de ne pas rire.

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